[Témoignage] ELIE MULAJA

On ne pouvait mieux tomber ! Au moment où nous interviewons Elie Mulaja, cela fait tout juste deux jours qu’il est de retour en France, après avoir passé une année complète à Southampton. Bardé de son double diplôme, Elie entend bien mettre son expérience internationale au profit de ses projets professionnels et, pourquoi pas dans quelques années, au service d’une thèse de doctorat…

« On devrait plus souvent inciter les étudiants à partir à l’étranger »

Avant d’évoquer votre expérience toute fraîche en Angleterre, pouvez-vous en quelques mots nous résumer votre cursus ?

J’ai commencé par le parcours classique en prépa avant d’intégrer l’école d’ingénieur. A l’époque, je n’avais pas d’idée précise sur ce que je voulais faire et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi la formation la plus large possible, dans la section « mécatronique » qui m’apportait, en plus des bases solides en mécanique, des notions en électronique, automatique et en informatique. C’est donc le cursus qui me semblait le plus adéquat pour être parfaitement polyvalent et pouvoir me spécialiser plus tard dans l’une de ces différentes branches.

Et comment vous est venue cette envie de partir à l’étranger ?

Au cours de ma 1ère année, je me suis découvert un intérêt particulier pour tout ce qui touche aux sous-marins. Un ami m’a alors conseillé de faire une mobilité sortante à Southampton, réputée pour avoir l’un des meilleurs départements maritimes d’Angleterre. Je me suis dit pourquoi pas ? J’ai commencé à monter mon dossier en fin de première année, d’abord sans grande conviction pour être honnête ! Puis j’ai passé le TOEFL, souvent la partie la plus compliquée à franchir ! Une fois que tout ça était fait, j’étais de plus en plus motivé pour aller jusqu’au bout… et c’est comme ça que je me suis retrouvé en Angleterre pour effectuer ma troisième année de septembre 2012 à septembre 2013 avec, à la clé, 2 diplômes dont un master en ingénierie maritime à Southampton.

Et comment s’est articulée cette année ?

On a 2 trimestres de cours, de septembre à fin avril. A compter de mai, on se consacre entièrement à notre projet individuel de master, souvent un projet de recherche vu que Southampton est plus orientée universitaire qu’une école d’ingénieur. Donc c’est un master de sciences, plus qu’un master d’ingénierie.

Sans rentrer dans des détails trop techniques, sur quoi portait votre projet ?

L’intitulé est « l’étude de la pression hydrodynamique autour des coques des sous-marins ». Le principe repose sur la réalisation d’un logiciel permettant de calculer les différences de pression tout autour d’un sous-marin avançant à vitesse constante, en fonction de différents paramètres dont, par exemple la profondeur. J’ai beaucoup basé mon projet sur les travaux de mon superviseur qui, en 2013, a publié un papier scientifique expliquant une méthode. Moi, j’ai étudié cette méthode en montrant ses résultats, ses limites et ses possibilités d’améliorations.

Qu’est-ce que vous retenez principalement de cette expérience ?

Tout d’abord, je pense qu’on devrait plus souvent inciter les étudiants à partir à l’étranger ne serait-ce que pour s’ouvrir à d’autres cultures. Ensuite, ce que j’en retiens, ce sont les différences existantes entre notre système éducatif et celui du reste du monde. Par exemple, j’ai remarqué que les Français s’en sortent extrêmement bien sur les mathématiques ! Beaucoup d’élèves, dont des étudiants qui avaient déjà travaillé en industrie, sont venus me poser des questions sur des bases que l’on apprend en prépa… Mais, à l’inverse, l’aspect pratique est beaucoup plus marqué à l’étranger. Les TP sont vraiment des TP pratiques, fondés sur des études, des rapports et des méthodes.

Et sur un plan plus personnel ?

Le fait d’avoir côtoyé énormément de gens venus de pays différents, ça ouvre des relations qui ne sont pas négligeables. Par exemple, celui qui me posait des questions sur des maths est un étudiant allemand qui a déjà travaillé chez Valéo et qui m’a proposé son aide si je souhaitais décrocher un entretien…

Y a-t-il malgré tout un aspect plus négatif lié à cette mobilité ?

Pour moi, le seul véritable inconvénient de l’année à l’étranger, c’est le coût. Une année d’études en France, pour un élève boursier, c’est 200 euros. En Angleterre, c’est 7 000 euros ! Donc, comme beaucoup, il a fallu que je fasse un prêt étudiant, et dans l’immédiat, il faut que je trouve un travail pour rembourser ce prêt. Mais, quoiqu’il en soit, cette première expérience de recherche m’a donné envie de continuer et pourquoi pas, d’ici quelques années, d’entreprendre un doctorat si l’opportunité m’est donnée de réaliser une thèse en partenariat avec une école - probablement SeaTech, et une entreprise.

Vous évoquez l’importance et l’urgence pour vous de trouver un emploi. Dans ce contexte, votre année à l‘étranger est un réel atout ?

Je ne me fais pas trop de souci à ce sujet-là ! Il y a énormément d’offres d’emploi qui correspondent parfaitement à mon profil, d’autant que très souvent, les recruteurs demandent un excellent anglais auquel désormais je peux prétendre avec mon double diplôme. Ils sont également très intéressés par des candidats démontrant leur ouverture culturelle et habitués à communiquer avec des personnes de pays différents.

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