Portrait d’Armand Didier, étudiant à l’école d’ingénieur de l’UTLN

Mener les hommes à accomplir de grandes avancées technologiques

Étudiant à l’ISITV (aujourd’hui SeaTech) en filière Matériaux, Armand Didier a effectué sa 3e année d’études à l’Université de Crandfield, en Angleterre. Aujourd’hui diplômé, il est resté outre-Manche pour développer un projet de création d’entreprise, incubé à Cranfield.

Pourquoi êtes-vous parti étudier à l’étranger ?

Après deux années passées à l’ISITV (aujourd’hui SeaTech) en filière Matériaux option Modélisation, j’ai décidé d’effectuer ma troisième année à l’étranger pour plusieurs raisons. Premièrement, je souhaitais compléter ma formation. Elle m’a apporté des connaissances techniques indispensables mais je voulais développer mes capacités managériales. Le programme proposé par le master Manufacturing Technology & Management à l’Université de Cranfield m’a alors convaincu de partir.

Par ailleurs, je voulais améliorer mon anglais oral et découvrir d’autres cultures. Cranfield est un choix pertinent pour cela car les étudiants sont en majorité étrangers. On se retrouve donc constamment en contact avec d’autres cultures, professionnellement et personnellement, ce qui est très enrichissant.
Enfin, ayant comme projet de commencer ma carrière à l’étranger, étudier une année là-bas me permettait d’acquérir de la crédibilité face aux employeurs et une reconnaissance à l’international.

Parlez-nous de votre expérience : d’où vient l’idée de création d’entreprise et du concept que vous avez développé ?

Tout a débuté lors d’un projet en groupe de trois mois appelé « Watch it made », pendant lequel j’ai été amené à développer un programme éducatif destiné à sensibiliser les jeunes Anglais (12-13 ans) à l’ingénierie, afin de combler le manque d’ingénieurs au Royaume-Uni. Il avait pour but d’impliquer les jeunes dans la fabrication d’une montre : mes collègues et moi-même avons alors développé une expérience unique permettant aux participants de concevoir, fabriquer puis assembler leur propre montre personnalisée.

À l’issue de ce projet, l’engouement était tel que deux d’entre nous ont décidé de continuer sur ce sujet afin de transformer ce programme éducatif en entreprise sociale. Nous avons ainsi travaillé quatre mois supplémentaires et nous sommes aujourd’hui prêts à recevoir les premiers clients (les écoles alentour dans un premier temps). Le concept est de sensibiliser les jeunes aux objets de tous les jours, une montre dans notre cas. Nous pensons que les impliquer dans la fabrication d’un tel produit leur permettra de s’intéresser davantage à la technologie et de faire renaître l’étincelle qui, jadis, a mené de grands hommes à accomplir de grandes avancées technologiques.

Mon associé, Florian Caroff (étudiant à l’UTC de Compiègne, ndlr), et moi-même avons encore beaucoup de travail à fournir pour faire naître l’entreprise mais l’arrivée d’investisseurs nous motive énormément. Notre concept intéresse de grands noms de la communauté scientifique, pour qui sensibiliser les enfants à l’ingénierie est un sujet essentiel : nous avons par exemple rencontré dernièrement Steve Myers, chef de programme d’applications médicales et ancien directeur des accélérateurs et de la technologie au CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire).

Lier entrepreneuriat et étranger, n’est-ce pas trop difficile ?

Non, bien au contraire. Je pense qu’entreprendre à l’étranger vous pousse à approfondir davantage votre stratégie. En effet, n’étant pas familier avec les us et coutumes ainsi que les démarches administratives, cela vous force à plus de rigueur et à vous attarder sur des détails qui rendront au final votre projet plus viable.

Concernant la barrière de la langue, il suffit de se familiariser avec le vocabulaire spécifique de son domaine de travail. Il est même parfois difficile de revenir au français pour expliquer son projet !

Un conseil pour les étudiants intéressés par l’étranger et l’entrepreneuriat ?

Un conseil, n’hésitez pas ! Si vous avez un projet en tête, partir à l’étranger vous permettra d’élargir l’horizon de vos pensées en découvrant ce qu’il se fait dans un autre pays. De plus, à l’heure actuelle, peu de projets entrepreneuriaux se limitent à un seul marché. Nous vivons dans une ère internationale, et partir à l’étranger ouvre énormément de portes.

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